Je n’ai pas abordé ce bâtiment comme un garage. Je l’ai regardé comme une forme.
Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas sa fonction, ni même son statut dans l’histoire de Megève, mais le moment où il bascule où un objet technique devient une présence.
Le garage Orset est un bâtiment que l’on traverse sans le voir. Il reste assigné à son usage.
Et pourtant, en l’isolant, en le sortant de son contexte, quelque chose apparaît. Sa toiture tendue, presque excessive. La ligne qui s’avance vers la route. La façade qui accompagne le mouvement plutôt qu’elle ne le subit.
Le rouge que j’introduis ne vient pas de l’image elle-même, mais d’un détail réel : les volets du bâtiment. Un élément discret, presque secondaire. En le déplaçant, en l’élargissant, il devient un champ. Une surface qui structure la lecture, qui vient soutenir l’architecture plutôt que l’illustrer.
Ce travail pose une question simple : qu’est-ce qu’on regarde, et qu’est-ce qu’on ne regarde pas ?
